A l'Horizon d'Hier" est le premier roman de Sylvain Lambert (aux Editions Amalthée). Bien que peu enthousiasmé par une quatrième de couverture qui pose l'auteur en fan inspiré de Baudelaire, Marc Levy et Guillaume Musso à la fois, on s'aventure tout de même à passer outre ceci, espérant secrètement que ce sera Baudelaire qui prendra le pas sur les deux autres...
L'incipit sent l'eau de rose. L'écriture déconcerte par sa dualité: un étrange mélange de lieux communs et de poésie au beau milieu d'une prose au vocabulaire et la syntaxe modernes. Cependant, la curiosité est attisée, se veut plus forte que cette amorce un peu maladroite où l'on a l'impression que l'auteur marche sur des œufs : il a envie de nous raconter quelque chose, mais comment commencer… L'écriture semble être une parodie d'elle même jusqu'au moment où les mains ne sont plus moites, où le stylo ne glisse plus et que se révèle alors une plume attachante de véracité et de justesse.
L'histoire et son décorum sont très vite posés, à l'aide de méthodes vieilles comme le monde, mais qui sont savamment amenées. Peu originaux à bien y regarder d'ailleurs ces personnages beaux comme des dieux, ont des préoccupations et des rêves banals. Une famille comme la mienne, comme la vôtre, une histoire qui donne au lecteur une impression intéressante de "pourquoi pas moi?".
La subtilité de l'ouvrage réside en fait dans celle de la plume de l'auteur, qui aurait très bien pu faire pleurer en décrivant une après-midi ensoleillée. Cette capacité de Sylvain Lambert à faire passer son lecteur de la passion, à la tendresse, de la tristesse à la joie partagée est la force même de l'ouvrage qui offre un condensé de sentiments dont la véracité n'a d'égal que la profondeur.
A choisir entre un Musso et un Lambert, pas de doute, optez pour le second qui vous accompagnera avec délicatesse sur les plages cet été.
A lire parce qu'une jolie histoire d'amour fait toujours mouche et qu'une fois de plus preuve est faite que les auteurs les plus médiatisés ne sont pas forcément les meilleurs…







